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La conservation de l’ eau pour le jardin : un bien qui vaut de l’or en période de sècheresse. Bien qu’un arrosage fréquent et adapté soit essentiel pour réussir les cul­tures, un grand effort peut être fait d’une part pour réduire les besoins en eau et d’autre part pour faire le meilleur usage des eaux de pluie, de rivière ou de puits, lorsqu’on en dispose.

Depuis quelques années, il devient de plus en plus important d’économiser l’eau du fait que sa demande à usage domestique et industriel s’est fortement accrue et que la pluviométrie a été, ces dernières années, inférieure à la moyenne (exception faite du premier semestre 1983).

Il y a plusieurs façons de pallier le pro­blème du manque d’eau dans son jardin.
La première, qui semble évidente, con­siste à stocker le plus d’eau possible, qu’elle provienne de la pluie ou du robi­net. Dans ce cas, assurez-vous que le sol en retient et en conserve une quantité suffisante (mais pas excessive) pour en faire profiter vos cultures. Par ailleurs, vous devez vous arranger pour que vos plants soient assez forts et sains pour supporter de courtes périodes de séche­resse. Vous pouvez également cultiver vos plantes hors saison de façon à ce qu’elles ne soient pas en pleine terre pen­dant les périodes normales de séche­resse ; ceci implique soit l’utilisation de cloches ou de toute autre protection, soit l’utilisation des variétés résistantes au froid. Enfin, vous pouvez réduire les besoins en eau en choisissant des espèces et des variétés qui résistent mieux que d’autres à la sécheresse.

conservation de l' eau au jardin

La conservation de l’ eau de pluie

L’eau arrive à vous directement sous la forme de pluie ou indirectement par la voie des cours d’eau, des rivières et aussi des sources souterraines, qui sont rare­ment prises en compte.

Si vous n’avez aucun moyen de conser­ver l’eau de pluie, vous perdez une énorme quantité d’eau dont peut dépen­dre la survie de vos cultures en période de sécheresse ou de restriction. Sachez qu’une superficie du toit d’une petite serre reçoit environ 115 litres d’eau de pluie tous les 2,5 cm2.

La meilleure façon de collecter l’eau de pluie consiste à utiliser des récipients spéciaux ou improvisés que l’on place sous les gouttières du toit. Vous pouvez aussi creuser un trou en terre que vous tapissez d’un plastique épais ou vous créerez une petite marre.

Les récipients spéciaux

Les tonneaux modernes pour eau de pluie sont construits en matière plasti­que étanche et imputrescible et existent en plusieurs tailles. Les meilleurs ont un couvercle et un robinet qui facilite le remplissage des arrosoirs. Il est également possible d’acheter ou de fabriquer un tuyau qui, relié à un deuxième tonneau, déverse le trop-plein d’eau lorsque le premier est rempli. Ainsi l’excédent d’eau n’est pas perdu et coule dans le deuxième ton­neau. Si cela est nécessaire, vous pouvez installer un troisième tonneau muni lui aussi d’un tuyau relié au second.

Une alternative plus économique consiste à acheter une ou plusieurs poubel­les en plastique de bonne qualité (avec couvercle) ; les plus grandes contiennent environ 90 litres.

Quel que soit le type de récipient que vous utilisez, il est essentiel qu’il ait un couvercle bien ajusté, qui doit toujours être bien fermé, ceci pour que l’intérieur du récipient soit plongé dans l’obscurité et qu’il n’y ait pas de risque de formation d’algues ni de développement de larves et de moustiques. Si l’on prend ces pré­cautions, ces problèmes ne devraient pas surgir.

L’eau de pluie peut entrer dans le réci­pient par un tuyau descendant de la gouttière, bien ajusté à un trou percé sur le dessus du récipient.

conservation de l' eau bidons

Les récipients improvisés

Il est clair que plus vous avez de réci­pients et plus ils sont grands, plus vous pouvez emmagasiner d’eau. Vous pouvez exprimer votre ingéniosité en impro­visant à partir d’objets divers : tout ce qui peut contenir une grande quantité d’eau sans risque de fuite et de contami­nation fera l’affaire.

En voici quelques exemples : tonneaux de bois vides, vieilles baignoires et vieilles poubelles, etc.

Il est aussi possible de stocker l’eau sous terre. Dans certaines campagnes, le tout-à-l’égout ayant été installé, les anciennes fosses d’aisances sont disponi­bles. Bien nettoyées, celles-ci peuvent être adaptées au stockage de l’eau de • pluie et peuvent contenir jusqu’à 300 litres. Il convient donc d’envisager leur transformation en réservoirs plutôt que de les combler et de les recouvrir de gazon. Il est important de la garder fer­mée pour des raisons de sécurité évi­dente (les enfants ne doivent pas parve­nir à soulever le couvercle) et aussi pour éviter que les algues ou les moustiques ne contaminent l’eau. La meilleure façon de remplir une fosse est de permettre à l’eau de pluie qui tombe sur le toit de la maison ou de l’appentis de s’écouler des gouttières par un tuyau qui conduit au réservoir.

Les autres sources naturelles d’eau, aussi bien souterraines qu’en surface, dépendent largement de la géographie, mais il est utile de les mentionner pour ceux qui ont la chance d’en disposer.

L’eau souterraine peut être obtenue soit par des puits soit par des pompes ; elle constitue peut-être la source la plus fiable de toutes, car elle ne se tarit que les années de sécheresse exceptionnelle. Cependant, alors que les systèmes préexistants sont parfaitement légaux, l’autorisation des autorités locales est nécessaire avant d’en installer de nouveaux.
De même, si l’on veut pomper de l’eau d’une rivière ou d’un cours d’eau, il faut en demander l’autorisation ; mais, on peut y puiser librement avec des arro­soirs, des seaux, etc., sauf si une objection officielle ne l’interdit.

conservation de l' eau sous terre

L’utilisation des eaux usées

Vous pouvez économiser des centaines de litres d’eau par mois si, en plus de l’eau de pluie, vous utilisez les eaux usées telles que l’eau du bain, de la vaisselle ou de la lessive. En période de sécheresse, lors de sévères restrictions d’eau, des jardins entiers ont été sauvés par la réutili­sation des eaux usées. Leur valeur est fréquemment contestée à cause de son contenu chimique mais, bien qu’elle n’ait peut-être pas un effet aussi bénéfique qu’une bonne pluie, elle est parfaitement acceptable utilisée en quantités norma­les, lors d’une courte période de séche­resse. Le fait de donner à vos plantes de l’eau qui contient des détergents pour­rait conduire à une accumulation de pro­duits toxiques, en particulier le bore ; l’eau de lessive ne doit donc pas être utili­sée de façon régulière ou pendant des sécheresses prolongées. Il faut savoir, par ailleurs, que l’eau de pluie elle-même peut contenir divers polluants, surtout dans les régions industrialisées.

Il est vrai que certains produits chimi­ques, tels que l’eau de Javel, peuvent endommager les plantes si elles en reçoi­vent continuellement, quelle qu’en soit la quantité. Mais si vous conservez ces eaux dans un tonneau ou un réservoir quelconque pour une utilisation ultérieure, elles se dilueront et poseront moins de problèmes.

L’accumulation dans le sol de substan­ces telles que détergents et graisses est minime, pour autant qu’elles ne soient
pas administrées tout au long de la vie d’une plante. Les légers dommages qui pourraient survenir sont plus que compensés par les bénéfices des eaux usées dans les périodes d’urgence que sont les sécheresses.

La conservation de l’humidité du sol

Avant de parler des cultures elles-mêmes, il est essentiel de prendre en compte la nature de votre sol et d’essayer d’augmenter sa capacité à retenir l’eau. Une partie de l’eau est rete­nue par les plantes, le reste disparaît par évaporation ou par drainage.

Les sols lourds

Les sols varient énormément quant à la quantité d’eau qu’ils retiennent ; si l’on compare les deux types opposés de sols, un sol léger et sablonneux perd l’eau beaucoup plus rapidement qu’un sol lourd et argileux. Partant de là, vous pou­vez raisonnablement déduire que les sols lourds sont ceux qui retiennent le mieux l’eau. Ceci est en effet exact, mais mal­heureusement, ils ne retiennent pas seulement les pluies d’été plus longtemps, mais aussi les grosses pluies d’hiver ; or dans un sol lourd détrempé, les plantes se « noient » (elles meurent par manque d’oxygène) et les cultures sont impossibles.

Il est donc essentiel d’améliorer de tels sols sans toutefois réduire trop leur capacité à retenir l’eau. Ceci peut être obtenu en incorporant au sol des matiè­res organiques telles que fumier, com­post, terreau ou tourbe, pendant l’hiver ; celles-ci ont pour effet principal de briser la masse compacte du sol et de permettre ainsi le drainage de l’eau. En même temps, cela fournit un milieu bien plus favorable à la croissance des racines, et donc, garantit des récoltes plus saines et plus abondantes.

Lorsque vous préparez le sol pour les semences, incorporez légèrement de la tourbe en surface, de 7,5 à 10 cm d’épaisseur ; ceci améliore considérable­ment la vitesse et la régularité de la ger­mination et contribue au bon démarrage des jeunes plantes.

Les sols légers

Alors que les sols lourds retiennent souvent trop d’eau pendant l’hiver, les sols légers et sablonneux sont rarement très humides et, dès l’arrivée du prin­temps, il suffit de quelques jours de beau temps pour les assécher au point que les plantes commencent à souffrir.

Il est tout à fait exceptionnel qu’un sol léger soit détrempé, d’autant plus si celui-ci est cultivé. Il convient donc de conserver autant d’eau que possible.

Là encore, une des solutions se trouve dans les matières organiques : leur capa­cité à retenir l’eau et les éléments nutri­tifs conviennent parfaite­ment aux sols sablonneux, dont les carences en matières organiques consti­tuent le problème principal.

La méthode pour ajouter des matières organiques à un sol léger est la même que pour les sols lourds : incorporez-en en profondeur puis recouvrez d’une cou­che plus légère et peu profonde juste avant de semer.

Les matières organiques doivent être moins décomposées que pour les sols lourds, elles restent ainsi plus longtemps dans le sol et l’eau est retenue plus longtemps.

Quant vous avez fini de bêcher à la sor­tie de l’hiver (si vous bêchez, bien sur !), vous devez tasser le sol dès que possible pour éviter les pertes d’eau par évaporation ou drainage ; que ce soit par bêchage, binage, ratissage, semis ou repiquage, tassez bien la terre dès que vous avez fini. Cette règle est valable pour tous les types de culture sur sol léger.

Le paillage

Bien que les différents sols nécessitent des traitements différents pour leur per­mettre de retenir assez d’eau, le paillage est une méthode qui convient à tous les sols pour conserver l’humidité pendant les périodes sèches.

A l’origine, le mot «paillage »désignait une couche de paille puis de matière organique étalée sur le sol ; de nos jours, cette notion s’étend à toute matière dont on recouvre le sol, y compris une feuille de plastique.

La fonction principale du paillage est d’empêcher l’évaporation de l’eau conte­nue dans le sol qu’il recouvre ; mais, en plus de cela, il réchauffe le sol et empê­che le développement des mauvaises her­bes, et, quand il est constitué de matiè­res organiques, il nourrit les plantes.

Quand on utilise des matières organiques pour le paillage, la couche doit être d’au-moins 5 cm ; une couche plus mince per­mettrait la pénétration des graines de mauvaises herbes et leur fournirait cha­leur et nourriture.

le paillage - conservation de l' eau

Le paillage organique

L’abondance et la propreté de la tourbe en font le paillage le plus com­mode ; le fumier, le compost ou le ter­reau fournissent également d’excellents matériaux de paillage. Toutefois, ils pré­sentent un inconvénient important, sauf quand ils sont bien décomposés, qui est celui d’introduire souvent les mauvaises herbes dans votre jardin. La tourbe qui est stérile, ne pose pas ces problèmes.

Vérifiez l’état du sol avant d’appliquer le paillage car, si celui-ci empêche effica­cement l’évaporation de l’eau du sol, il empêche aussi la pénétration de l’eau dans le sol. Il est donc important de ne pas l’appliquer sur un sol sec ; il convient d’attendre une bonne pluie ou d’arroser préalablement le jardin.

Le paillage avec du plastique noir

Depuis quelques années, le plastique noir est de plus en plus utilisé pour le paillage, surtout pour la culture des melons et des fraises. Il empêche efficacement l’évaporation de l’eau du sol et l’apparition de mauvaises herbes (pour autant qu’il soit noir, car le plastique transparent produit un effet de serre).

Le paillage des melons et des fraises avec du plastique noir avance de deux à trois semaines le début de la récolte et permet de collecter l’eau de pluie vers les plantes.

Le paillage au plastique noir peut être étendu à d’autres cultures, surtout celles qui demandent un sol humide, comme les laitues ou les choux-fleurs. Il est cependant sage de ne l’utiliser que pour des cultures très productives, car bien que moins cher que la tourbe, sa vie est limitée à deux saisons environ.

Pour réduire les besoins en arrosage

On néglige souvent le fait qu’une plante saine et robuste supporte mieux la sécheresse qu’une plante faible et malade. Cependant, la plante la plus saine ne peut survivre longtemps sans eau. La solution consiste à prendre soin de la santé de vos plantes pour qu’elles puissent supporter de courtes périodes de sécheresse, et en même temps, à évi­ter, dans la mesure du possible, de les cultiver pendant la saison sèche.

CHOISISSEZ BIEN VOTRE EAU D’ARROSAGE !

La meilleure des eaux pour arrosage est certainement celle d’une rivière non pol­luée ; elle y est puisée à l’aide d’une pompe aspirante et refoulante. Les eaux de source et de puits sont bonnes mais sou­vent trop froides pour être utilisées direc­tement. L’eau de pluie, qui a un pH excel­lent, manque un peu d’aération. Quant à l’eau courante, elle n’est pas toujours bien adaptée aux types de sol car elle contient le plus souvent du calcaire et son usage en terre alcaline n’est pas à conseiller.

Les cultures hors saison

Bien que la plupart des fruits et des légumes soient normalement cultivés en fin de printemps et en été, il n’y a pas de raison pour que l’on ne force pas certains d’entre eux à pousser pendant des pério­des plus humides. On ne peut pas faire grand-chose pour la plupart des fruits mais les fraises et de nombreux légumes peuvent être forcés à mûrir, en avance ou en retard sur la saison normale, en les cultivant sous cloche, sous tunnel en plastique ou sous toute autre forme de protection. Ce décalage du temps n’est pas automatiquement important ; on peut, par exemple, avancer la récolte des fraises de dix à quatorze jours en les recouvrant de tunnels de plastique à la fin de l’hiver ; elles auront ainsi fructifié et pourront être récoltées avant que la sécheresse ne les affecte. Les pieds remontants produisent une meilleure deuxième récolte au début de l’automne lorsque la terre s’humidifie à nouveau sous l’influence du climat.

Les mêmes protections peuvent être utilisées pour avancer la récolte des légu­mes. Avec un peu d’ingéniosité et une planification attentive, on peut cultiver en serre des plants que l’on repiquera plus tard, et faire pousser des tomates, des concombres et d’autres cultures de serre. Avec cette méthode, de nombreux légumes pourront être récoltés avec un mois d’avance sur la saison normale. En plus, les plantes passeront les moments critiques du début de leur vie dans des conditions favorables à l’intérieur de la serre. Il est important d’aguerrir les jeu­nes plants en les accoutumant graduelle­ment aux conditions extérieures avant de les repiquer en pleine terre.

Si vous n’avez pas de serre, un châssis de couches fera l’affaire ; autrement, uti­lisez des châssis non chauffés, des cloches ou des tunnels de plastique pour protéger les jeunes plants, ce qui n’impli­que pas nécessairement que vous pouvez semer avant la date recommandée pour les semis à l’extérieur, mais cela leur assure un bon départ.

Le choix des variétés

Si vous n’avez pas les moyens de proté­ger vos cultures, vous pouvez quand même faire en sorte qu’elles soient bien établies avant que la sécheresse ne les frappe en choisissant bien les variétés.

Si vous regardez le catalogue d’un bon marchand de graines, vous remarquerez que pour bien des légumes, il existe des variétés d’hiver. Ces variétés ne se récol­tent pas forcément avant les autres, mais vous pouvez les planter plus tôt, l’automne précédent, et les plantes seront alors plus avancées et plus robustes au début de l’été. Les fèves en sont un bon exemple : la variété Aquadulce, et d’autres qui en sont issues, ont été con­çues pour être semées au milieu de l’automne. Il y a d’autres exemples de variétés d’hiver, betteraves tardives, choux-fleurs d’hiver, brocolis, oignons, etc.

Le choix des cultures

Bien que les cultures soient faites en fonction de vos préférences personnelles et de celles de votre famille, vous devez tenir compte de leur résistance à la sécheresse, lorsque cela est possible. La différence est souvent minime et la récolte sera bien meilleure. Deux bons exemples en sont l’échalote qui remplace bien les oignons, et les épinards de Nouvelle-Zélande, qui résistent bien mieux à la sécheresse que l’épinard commun.

Le choix des méthodes de culture

On peut aussi réduire les besoins en eau en cultivant dans des sacs de culture remplis de tourbe, dans des pots ou dans d’autres conteneurs.

Ce système nécessite des soins plus attentifs que les cultures en pleine terre, mais pas une goutte d’eau n’est perdue et les résultats justifient largement le travail supplémentaire.

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