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Les groseilliers ou Ribes sativum de la famille des ribesiacées sont des arbrisseaux à feuillage caduc portant des fruits pendant au moins 15 ans et parfois pendant 25 ans. Il faut compter deux ans entre la plantation et la récolte. Ces arbrisseaux atteignent 1,50 m de hauteur au maximum et 1 m de largeur environ. Ils produiront en moyenne de 3 à 5 kg par touffe chaque année.

Les groseilles à grappes, rouges ou blanches sont d’excellents fruits très savoureux qui font leur apparition au cœur de l’été. Servies avec du sucre et de la crème fraîche, elles incarnent tous les dons de l’été. Les baies rouges à peau lisse ont une saveur acide et, de par leur forte teneur en pectine, font merveille en confiture. Leur goût se marie très bien avec celui d’autres fruits ; aussi les ajoute-t-on souvent à un mélange de fruits pour faciliter la prise des gelées ou des confitures. On les consomme aussi cuites, on en fait des tartes ou même des hors-d’œuvre originaux.

Les groseilles blanches viennent de surgeons de groseilliers rouges, surgeons dont les fruits sont dépourvus de pig­ment rouge. Comme lorsqu’on parle de raisins blancs, l’expression n’est pas exacte : en réalité la couleur des baies varie du blanc crème au jaune. Le goût des groseilles blanches n’est pas non plus le même : elles sont plus douces et moins acides. On les mange en général crues, avec de la crème fraîche et du sucre. Les arbrisseaux à fruits blancs sont un peu moins vigoureux que les groseilliers à baies rouges mais la croissance, la fructi­fication et les soins arboricoles sont les mêmes pour les deux types d’arbustes. On cultive aussi, mais moins qu’autrefois, des groseilliers à fruits roses.

Peut-être moins répandus que les cassissiers, les groseilliers sont cependant largement cultivés en Europe et aux États-Unis. Du point de vue de la récolte, le cassissier l’emporte sans doute sur le groseillier mais celui-ci possède des avantages sur son frère noir. Il se contente d’un sol moins riche et il est moins exi­geant en matière d’arrosage. Si on lui apporte des soins appropriés, le groseil­lier est peu sujet aux maladies et aux attaques de parasites. Enfin, il se prête beaucoup mieux à la taille que le cassis­sier que l’on cultive le plus souvent en touffes. La taille permet d’avoir, selon le nombre de branches de charpente con­servées, un cordon, un U simple ou encore des espaliers ou des palmettes. L’arbrisseau prend alors peu de place et convient parfaitement aux jardins frui­tiers exigus. Cordons, espaliers ou palmettes poussent très bien sur une bande de terre de 30 cm à la base d’un mur. En outre, ils supportent à leur pied la cul­ture de plantes qui s’élèvent peu au-dessus du sol telles que laitues ou fraisiers.

Les oiseaux sont très friands des gro­seilles rouges ou blanches ; aussi est-il bon parfois de protéger les groseilliers : il suffit d’accrocher un filet de protection aux ferrures fixées dans le mur au-dessus des arbrisseaux.

calendrier lunaire groseilles rouges et blanches des groseilliers

Sol et emplacement

Même s’ils aiment le soleil, les groseil­liers viendront bien sur un emplacement relativement ombragé et donneront une récolte acceptable contre un mur faisant face au nord. Ils doivent être abrités des vents froids pour deux raisons. D’une part, dans un lieu trop venteux, les insec­tes n’assureront pas la pollinisation des fleurs et, d’autre part, les jeunes jets risqueraient de ne pas résister au vent : à la fin du printemps ou au début de l’été surtout, un vent violent peut causer de sérieux dégâts.

Le groseillier n’a pas besoin d’un sol aussi riche que le cassissier. Néanmoins, il ne supporte pas un sol par trop humide, surtout lorsqu’il vient d’être planté. Le sol idéal est un sol humifère, léger, profond, légèrement acide, conte­nant assez de matière végétale pour retenir l’humidité l’été. En revanche, un sol pauvre, sableux et sec, ne convient pas à moins d’avoir été abondamment mulché et arrosé. Sur un sol très acide ou très alcalin, la récolte est maigre. Mesu­rez l’acidité du sol avant de planter un groseillier et faites les apports nécessai­res pour obtenir un pH qui se situe entre 6 et 6,8.

Un mois environ avant la plantation, faites un bêchage simple, si remplace­ment était cultivé, et un double bêchage, s’il ne l’était pas. Une semaine environ avant la plantation, un apport de matières organiques bien décomposées en comptant environ 9 litres par arbrisseau est nécessaire. Ne laissez subsister aucune herbe sauvage vivace après la prépara­tion du sol car elles seraient une gêne constante pour les groseilliers.

La plantation

Dans la mesure où ils ne sont pas com­mercialisés sur une grande échelle, il n’existe pas pour les groseilliers de système de contrôle et de certification. Mais il vous suffit de vous adresser à un pépiniériste pour obtenir des arbrisseaux parfaitement sains. Il est préférable qu’ils aient 2 ans. Ils n’ont en général qu’une seule tige (ou tronc), courte, comme un arbre miniature. Vous leur donnerez par la taille la forme voulue : touffe, U simple, U double.

La meilleure époque pour planter est la fin de l’automne, dès que les arbrisseaux sont dormants mais on peut planter à tout moment jusqu’à la fin de l’hiver à condition que la terre meuble ne soit ni trop froide ni trop humide. Un excès d’eau ne serait pas toléré par le groseil­lier au moment de la plantation. Mettez le plant en terre à la profondeur où il était en pépinière en vous repérant sur les traces de terre sur la tige. Étalez bien les racines en supprimant celles qui sont cassées ou tordues. Supprimez tout rejet ou tout œil sur la tige. Espacez les touf­fes de 1 m dans toutes les directions, les cordons simples de 38 à 45 cm et les cor­dons doubles de 90 cm en ligne. Si vous plantez plus d’une rangée de groseilliers, espacez-les de 1,50 m. Au moment de la plantation, soutenez les cordons en les nouant sans serrer par un brin de raphia, de ficelle ou une attache en matière plas­tique à un tuteur en bambou.

Cassis, groseilles et myrtilles
Cliquez sur l’image pour se faire plaisir :

La taille

Par son mode de fructification le gro­seillier est plus proche du pommier que du cassissier. Il fructifie sur les brindilles, les rameaux qui se forment sur des bran­ches permanentes tandis que le cassis­sier fructifie sur du bois nouveau et que l’on taille donc pour encourager la nais­sance de bois nouveau. Les grappes de groseilles apparaissent sur les rameaux nés l’année précédente. L’objectif de la taille est donc d’obtenir un arbrisseau dont les branches au nombre de huit à douze partent au même niveau et sont régulièrement espacées.

Faites une taille immédiatement après la plantation en coupant toutes les bran­ches de charpente à la moitié de leur lon­gueur, juste au-dessus d’un œil tourné dans la direction opposée au centre de l’arbrisseau. Assurez-vous qu’il reste trois ou quatre bons yeux sur la branche. Coupez résolument les rameaux faibles ou mal placés. Ce premier traitement peut sembler bien radical mais si la taille de l’arbrisseau nouvellement planté n’est pas conduite de la sorte, la croissance sera très lente. Si vous ne cultivez pas les groseilliers dans des cages à fruits et qu’il y ait des risques de dégâts par les oiseaux, retardez cette première taille jusqu’aux jours qui précèdent l’éclosion des bourgeons. Vous pourrez alors cons­tater les dépradations causées par les oiseaux et devrez supprimer les branches dépouillées de tous leurs bourgeons.

Un groseillier d’un an doit avoir trois ou quatre branches ; s’il a deux ans, six ou huit branches robustes. La taille des branches à la moitié de leur longueur devra être répétée l’année suivante ou les deux années suivantes, en hiver, jusqu’à ce que huit à douze branches constituent la charpente permanente du groseillier. Par la suite, il suffira de pincer les branches en hiver jusqu’à ce qu’une taille plus importante s’impose pour sti­muler la croissance. Si au cours des années la récolte diminue, il est bon de remplacer graduellement les anciennes branches par du bois nouveau. Choisissez des branches prenant naissance dans la moitié inférieure de l’arbrisseau et laissez-les croître ; coupez les anciennes branches soit à leur base soit au niveau de départ d’un rameau d’un an vigou­reux. C’est en somme un rajeunissement perpétuel que vous pouvez établir sur trois ans.

La taille d’été consiste à couper les rameaux latéraux le long des branches de charpente à cinq feuilles au-delà desquel­ les une nouvelle croissance commence au début de l’été. Ne les coupez pas tous en une seule fois, cela détruirait l’équilibre entre la croissance des feuilles et des racines. Étalez l’opération sur deux semaines environ en commençant au moment où les fruits prennent couleur. Cette taille d’été se pratiquera sur les arbrisseaux robustes dont la croissance est vigoureuse et non pas sur des arbus­tes faibles à croissance plus lente. Les rameaux taillés en été seront de nouveau taillés chaque hiver au nœud de la seconde feuille qui deviendra alors un œil dormant, à 2,5 cm de la branche de char­pente. La taille d’été n’est pas absolu­ment indispensable, mais elle améliore la récolte et permet une maturation plus précoce des fruits.

Dans le cas de cordons, coupez chaque hiver le nouveau bois à un tiers de sa lon­gueur dès la plantation. Lorsque la crois­sance a été vigoureuse et qu’il est apparu plus de 70 cm de nouveau bois, taillez de façon à n’en laisser que 25 cm. En été, dès que les fruits changent de couleur, raccourcissez les rameaux latéraux à cinq feuilles ; en hiver taillez-les pour les ramener au niveau du second œil. Les arbrisseaux conduits en formes plates, en cordons ou en espaliers doivent subir une taille d’été si l’on veut conserver leur forme et obtenir une récolte.

Les espaliers sont formés de la même façon en choisissant trois rameaux nés de la tige d’un an de telle façon que l’un soit aussi proche que possible de la verti­cale et les deux autres disposés symétri­quement par rapport à lui.

Pour les groseilliers en palmettes, ne laissez que deux rameaux latéraux près du sommet du tronc et taillez le nouveau bois de façon qu’il produise des rameaux qui empliront l’espace au-dessus en for­mant la palmette. Pour obtenir un arbris­seau en tige, laissez croître la tige princi­pale sans effectuer de taille jusqu’à ce qu’elle atteigne la hauteur désirée, puis coupez tous les rameaux latéraux et trai­tez ensuite l’arbrisseau comme un arbris­seau en touffe. On réussit généralement mieux l’arbuste en tige en le greffant à la hauteur désirée sur une tige de ribes aureum.

Taille U simple et cordon

Le groseillier peut se former en U simple le long d’un mur ou en cordon en bordure d’allée. Un seul ennui à cette conduite : la tendance à drageonner au pied de la plante ; aussi faut-il être vigilant pour sup­primer sans cesse les rejets.

Pour un U simple, partez d’un pied à un seul rameau obtenu par bouturage ou éclat dans la touffe. Pincez-le en mai à deux yeux latéraux. Il naît de ces deux bourgeons, deux rameaux que vous laissez s’allonger quelque peu et que vous tuteurez à droite et à gauche à l’écartement de votre choix, par exemple 30 cm, sur des lattes de bois fichées en terre et mainte­nues solidement à la verticale.

Le cordon est plus simple encore à for­mer. Tendez au préalable un fil de fer hori­zontal à 40 cm de hauteur. Menez-y la tige et courbez-la exactement comme pour un pommier. L’effet produit au moment de la fructification est surprenant et très original.

Culture et soins

Après la plantation, épandez une cou­che de 5 cm d’épaisseur de fumier de ferme ou de compost de jardin bien décomposé ou de la tourbe humide tout autour des racines pour lutter contre l’évaporation et le déssèchement du sol si le printemps et le début de l’été étaient secs. Arrosez s’il fait particulière­ment chaud. Cependant, les groseilliers n’exigent pas, comme les cassissiers, un arrosage constant ; si vous avez un choix à faire, donnez donc la priorité à ces der­niers en matière d’arrosage.

La zone autour des arbrisseaux doit être exempte d’herbes sauvages. Comme les groseilliers ont des racines peu profondes, un sarclage maladroit pourrait les endommager. Le mulchage ou paillage est de ce fait une meilleure solution au problème des « mauvaises herbes ». Dans les sols légers ou ceux manquant de potasse, apportez à la fin du prin­temps des cendres de feu de bois. A l’automne, apportez autour des touffes un peu de compost. Évitez les engrais trop riches en azote car ils peuvent provoquer une croissance exubérante et désordonnée.

Et si on allait plus loin…
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La récolte

Le second été après la plantation, vous pouvez obtenir une première récolte modeste mais il est préférable d’ôter les fleurs au printemps et d’attendre encore une année pour laisser l’arbrisseau se for­tifier. La récolte commence au début de l’été et se poursuit toute la saison selon les variétés que vous avez plantées. Les arbustes conduits contre des murs expo­sés au nord fructifieront plus tard que les autres et la récolte ne commencera qu’à la fin de l’été. Ne vous hâtez pas de récolter les groseilles car elles mûrissent en fait plus lentement que ne le laisse supposer leur coloration. Les grappes ne mûrissent pas toutes en même temps ; inspectez les groseilliers de temps en temps et même tous les jours lorsqu’il fait beau pour récolter les baies bien mûres. Qu’il s’agisse de groseilles blan­ches ou rouges, cueillez-les par grappes et par temps sec, car les grappes récol­tées mouillées se conservent mal. Pour la récolte, utilisez des ciseaux ou cassez le pédoncule qui tient la grappe avec les ongles, mais ne l’arrachez pas afin de ne pas endommager les petites couronnes ou même les détruire.

Le greffage du groseillier

Le groseillier se reproduit généralement par bouturage, marcottage ou éclatage. Mais il peut également se greffer. Le porte-greffe est alors le Ribes aureum, variété de groseillier décoratif dont les fruits sont sans valeur. Ce porte-greffe a la faculté de ne pas drageonner, ce qui per­met de maintenir le grosseillier sur une surface limitée, un avantage certain pour celui qui veut mener en U simple ou en cordon un grand nombre de groseilliers. La greffe se fait « à l’anglaise ».

On trouve dans le commerce des groseil­liers tout greffés, conduits soit en tige, soit en boule. Ces deux formes présentent sensiblement le même aspect : une tige de 30 cm surmontée d’une tête arrondie constitue une boule ; une tige de 90 cm à 1,20 m surmontée d’une tête arrondie donne un groseillier-tige. Il est possible de partir d’une tige bouturée avec les mêmes inconvénients que je vous signale par ailleurs.

Quelle que soit la solution adoptée, la tenue de la tête est délicate et il est abso­lument nécessaire d’utiliser un solide tuteur.

La forme en boule convient très bien à la culture en pot. Quant au groseillier-tige, en cultivant les variétés Cerise ou Raisin et en les étiquetant, vous surprendrez bien des amis !

N’hésitez pas à consulter le calendrier lunaire afin de vérifier que vous êtes dans la période idéale pour greffer et bouturer.

Le bouturage des groseilliers

Vous obtiendrez de nouveaux groseil­liers, par boutures prises du début au milieu de l’automne sur du bois de l’année. Certaines variétés sont plus rapi­des que d’autres à prendre racine. Ne prenez pas de bouture quelle que soit la variété, sur une touffe malade ou parasi­tée car les nouveaux plants seraient con­damnés au départ. Contrairement aux cassissiers, les groseilliers se cultivent sur un seul pied ; les boutures devront donc être plus longues que pour les cas­sissiers et un rameau d’environ 30 cm convient. Pour être certain d’obtenir un pied net, sans rameaux en sous-sol, ne laissez que 3 ou 4 yeux dans le sommet de la bouture. En même temps, coupez 8 à 10 cm de bois non mûr au sommet car il serait mort vraisemblablement avant la formation des nouvelles racines.

Préparez une tranchée étroite de 15 cm de profondeur et mettez les bou­tures à 20 cm les unes des autres. La prise des racines sera facilitée si vous répandez au fond de cette tranchée un peu de sable de rivière. Cette précaution est inutile avec un sol très sableux. Remettez dans la tranchée la terre que vous en avez retirée et tassez soigneuse­ment autour des boutures. Si vous désirez plusieurs rangs de groseilliers, espacez-les de 75 cm.

Au cours de l’hiver, assurez-vous que le gel n’a soulevé aucune bouture. Si cela s’était produit, raffermissez le sol en remettant les boutures en bonne place. Ne les laissez pas manquer d’eau au cours du printemps et de l’été suivants et chassez les herbes sauvages. Mulchez ou paillez au besoin, cela permet en outre de mieux conserver l’humidité du sol. L’hiver sui­vant, les boutures ont pris racine et sont prêtes à être transplantées. Toutefois si elles vous paraissent peu vigoureuses, laissez-les en place pour ne les transplan­ter qu’une saison plus tard.

Si vous voulez cultiver ces groseilliers en touffe, coupez à leur moitié toutes les branches d’un an ; pour des cordons sim­ples, taillez pour ne laisser que deux yeux sur les branches latérales et sur le rameau central coupez un tiers de la hau­teur. Pour un U, choisissez deux bran­ches latérales pour la base de U et coupez à leur hauteur le rameau central.

Parasites et maladies

Ne vous laissez pas décourager par les parasites et maladies qui pourraient atteindre vos groseilliers. Tous, certes, sont susceptibles d’apparaître mais il y a bien peu de chances, si vos arbrisseaux sont en bonne santé, que vous ayez à faire face à plus d’un ou deux de ces pro­blèmes. Si vous observez un des symptô­mes énumérés, identifiez-en la cause et prenez les mesures qui s’imposent aussitôt que possible pour enrayer les dégâts.

Les oiseaux :

les groseilles bien mûres ont beaucoup d’attrait pour les oiseaux, en particulier les pigeons et les merles. Un épouvantail éloigne bien quelque temps ces prédateurs mais la meilleure protection est cependant un filet ou la culture en cage à fruits. Sachez aussi que les bouvreuils risquent, en hiver, de s’attaquer aux yeux dormants et qu’il faut s’en défendre dès la fin de l’automne. Si vos arbrisseaux n’ont aucune protection pendant l’hiver contre les oiseaux, il vaut mieux attendre pour tailler, l’éclosion des bourgeons au début du printemps. De la sorte vous pourrez mesurer l’étendue des dégâts commis et vous devrez tailler les branches dépouil­lées de leurs bourgeons jusqu’à un bour­geon resté intact près de la base. En effet le bois privé de bourgeon ne produira jamais rien.

Les aphis (pucerons) :

le symptôme essentiel est révélé par des feuilles rabougries et frisées sur lesquelles apparaît une moisissure mielleuse. Les feuilles peuvent aussi sous les attaques se boursoufler tout en devenant rougeâtres. Cela est regrettable pour l’apparence des arbustes mais les dommages ne sont pas aussi graves que ceux qui atrophient la croissance. Des tâches blan­ches et cotonneuses à la surface des raci­nes des arbres attaqués signalent la pré­sence d’un aphis de la racine du groseil­lier. Ce cas est très rare et ne s’observe guère que sur des plants en pépinière ou sur des boutures avant transplantation.

Les chenilles (tenthrède et mite de la pie) :

les chenilles de la tenthrède des groseilliers à maquereau attaquent aussi les groseilliers à grappes. On peut en voir naître jusqu’à trois générations en une saison et les larves vertes et noires peu­vent rapidement défolier totalement les arbrisseaux. Les dégâts les plus sérieux sont commis en bas et au centre des arbrisseaux. Enlevez les larves à la main.

Sésie :

la larve de ces papillons se nour­rit de la moelle des rameaux et provoque leur dessèchement. Coupez et brûlez le bois atteint.

Les pucerons verts ou jaunes :

ce sont des ennemis bien connus. Favoriser l’installation des auxiliaires consommateurs de pucerons (coccinelles, chrysopes, syrphes, punaises…) par la présence de plantes hôtes des insectes (plantes fleuries productrices de pollen : phacélie, orties…).

Les cochenilles :

elles se manifestent par de véritables «encroûtements » sur les rameaux. Diluez dans 1 litre d’eau, 1 cuillère à café de savon noir liquide, d’huile végétale et d’alcool à 90°. Puis pendant 4 jours, vous pulvérisez ce mélange.

Les capsides :

les œufs des capsides passent l’hiver sur l’écorce des rameaux puis éclosent au milieu du printemps. Les jeunes insectes sucent alors la sève à l’extrémité des brindilles en croissance : des cicatrices, de petits trous apparais­sent et plus tard les feuilles deviennent plissées et distordues. Otez-les sinon détruisez la branche.

L’oïdium européen :

la maladie se manifeste par un feutrage blanchâtre aux extrémités des pousses annuelles et un léger groupement des feuilles qui se forment. Traitez les plantes à la bouillie bordelaise tous les quinze jours jusqu’à ce que les symptômes aient complètement disparu. Supprimez toutes les feuilles très atteintes.

Le dessèchement des rameaux ou botrytis :

cette maladie cryptogamique attaque de très nombreuses variétés d’arbres fruitiers et ornementaux. Le symptôme visible est la flétrissure bru­tale de branches entières. L’infection pénètre par une coupure au moment de la taille, aussi faut-il prendre certaines précautions précisément au moment de la taille. Sachez aussi que les arbres trop rap­prochés auxquels on laisse trop de bran­ches seront plus sensibles à cette mala­die, spécialement par temps frais et humide. Si l’attaque est partielle, vous sauverez les arbrisseaux en taillant les branches atteintes jusqu’au bois sain ; si elle est généralisée, arrachez et brûlez tout le pied.

La rouille en colonnettes :

cette maladie attaque surtout les groseilliers à maquereau mais les groseilliers à grappes peuvent éventuellement être atteints. Elle se manifeste par l’appari­tion de taches rouge vif ou orange sur les feuilles, les tiges et les fruits. Vers la fin de l’été des petites excroissances sphéri­ques se développent sur ces taches. Cette maladie apparaît principalement lorsque les arbrisseaux sont trop serrés ou s’il y a excès d’eau. La meilleure défense est de résoudre tout problème de drainage avant de planter et de dispo­ser les arbrisseaux de telle façon que l’air circule facilement entre eux. Si les arbris­seaux ont déjà été attaqués par la rouille, faites une pulvérisation de bouillie borde­laise une quinzaine de jours avant la floraison. Toute pousse, feuille ou fruit atteints doivent être brûlés et non lais­sés à l’abandon dans le jardin.

L’anthracnose :

cette maladie attaque toutes les variétés de groseilliers. De petites taches rondes et noires apparais­sent sur les feuilles, se multiplient au point de les envahir : les feuilles jaunis­sent et tombent. Ramassez les feuilles au râteau, enlevez de l’arbrisseau toute feuille tachée et brûlez le tout. Une décoction à base de prêle ou d’ail, ou grâce à du purin d’ortie, en pulvérisation toutes les deux semaines, permet de lutter biologiquement en prévention. . Certaines variétés sont plus résistantes à cette maladie que d’autres.

Les pustules noires :

cette maladie attaque elle aussi tous les arbrisseaux de la famille des groseilliers mais plus parti­culièrement les grosseilliers à grappes. La maladie se propage en général à partir d’une coupure de taille : des pustules sombres, ovales apparaissent sur les branches atteintes. Mettez systémati­quement un cicatrisant sur les coupures et les entailles faites aux branches.

SYMPTÔMESPARASITES
Fruits mûrs mangés ; en hiver bourgeons détruitsOiseaux
Feuilles enroulées, décolorées ; boursouflures rougeâtres sur les feuillesAphis
Seules subsistent les nervures centrales sur les feuillesChenilles
Feuilles tordues et perforéesCapsides
Feutrage blanc sur les extrémités, feuilles gaufréesOïdium européen
Flétrissure et mort de branches entièresBotrytis
Taches rondes et noires sur les feuillesAnthracnose
Pustules noires sur l’écorce des branchesPustules noires
Taches rouges ou orangées sur les feuilles, les tiges et les poussesRouille en colonnettes

LES VARIÉTÉS DE GROSEILLIERS

A l’exception de quelques variétés, les fruits sont rouges.

Variétés précoces

— Jonkheer VanTêts : variété à fruits de taille moyenne, de couleur rouge foncé, au goût légèrement acide ; récolte abondante ; arbuste modérément vigoureux.
— Junifer : variété vigoureuse à forte production. Grappe longue à fruits d’excellente qualité.

Variétés de moyenne saison

— Laxton’s perfection : variété dont les fruits, les plus gros de tous les groseil­liers rouges, forment de longs bouquets ; arbuste vigoureux mais qui ne convient pas aux potagers trop exposés.
— London market : variété très produc­tive à gros fruits rouge foncé à chair juteuse et parfumée.
— Red lake : variété américaine produisant des fruits rouge foncé. Récolte abondante. Les bouquets sont bien déta­chés du feuillage et, par conséquent, se cueillent facilement. Variété courante.

Variétés tardives

— Ambrée Delbard : grappes longues à baies blanches légèrement ambrées, de chair douce mais peu parfumée.
— Blanche de Versailles : maturité pré­coce ; les ­fruits ont un goût sucré ; les arbustes sont larges et résistants, la  récolte abondante. Variété très courante.
— Cerise blanche : fruit de moyenne grosseur à pulpe acidulée, juteuse, sucrée et très parfumée.
— Gloire Delbard : fruit à baies moyennes sucrées et parfumées, rouge assez clair sur des grappes longues.
— Groseille-raisin industria : arbuste vigoureux à forte productivité. Fruits de bonne qualité donnant lieu à la confec­tion de gelées agréablement fruitées et parfumées.
— Première Groseille-raisin : rassemble les caractéristiques du précédent mais dont la maturité a lieu deux semaines plus tôt.
— Rondom : variété hollandaise rusti­que à tiges très rigides, très productive.
— Gloire des Sablons : grappe portée par un long pédicule facilitant la cueillette. Fruit rose à pulpe peu acide, juteuse, assez sucrée et parfumée. Excellent en confiture avec une variété rouge.

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