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Aujourd’hui, Diane, votre sorcière bien-aimée du calendrier-lunaire.info a une surprise pour vous. En effet, je suis avec Lydia et Claude Bourguignon pour une interview exclusive !
Une occasion unique pour nous, jardiniers éclairés amateurs, de mieux comprendre les besoins de la terre de notre jardin potager et de notre verger.
Alors ne perdons pas plus de temps et retrouvons ces médecins des sols.

Interview de Lydia et Claude Bourguignon

lydia et claude bourguignon calendrier lunaire

Lydia et Claude Bourguignon bonjour,
Tout d’abord merci de m’accorder un peu de votre temps pour éclairer nos lecteurs internautes sur les bonnes pratiques de gestion des sols dans nos jardins potagers amateurs.
Vous êtes biologistes des sols et vous avez fondé en 1990, le Laboratoire d’Analyses Microbiologiques des Sols… le LAMS.
Ce laboratoire indépendant est au service des professionnels du travail de la terre : agriculteurs, vignerons, maraîchers, arboriculteurs…
Vous étudiez les paramètres physiques, chimiques et biologiques des sols, afin de les valoriser de façon durable tout en préservant l’environnement.
Je n’ose imaginer ce que vous avez du traverser pour monter un tel laboratoire indépendant… un syndicat de la terre en quelque sorte !

Réaliser un jardin,
c’est d’abord chercher à comprendre une terre
pour savoir ce qui peut y pousser
et en prendre soin.

Un jardin potager bio parfait !

Diane, votre sorcière bien-aimée du calendrier-lunaire.info : Quelles sont, selon vous, les actions indispensables à réaliser (et à ne surtout pas réaliser) pour obtenir un jardin potager bio PARFAIT en respectant et conservant l’équilibre naturel de l’écosystème ?

Lydia et Claude Bourguignon : Tout d’abord il faut planter une haie de feuillus autour du jardin pour protéger du vent et pour produire du BRF ( Bois Raméal Fragmenté). Ensuite il faut s’équiper d’une grelinette pour aérer le sol sans le retourner. Il ne faut jamais laisser le sol nu et toujours le couvrir, soit de légumes, soit d’engrais vert. Par exemple, on sème des céréales avec légumineuses et crucifères. Il faut faire son compost avec tous les déchets alimentaires et si possible avec le compost des toilettes sèches si on a la chance d’en avoir.

Je bêche ou bêche pas ?

Diane, votre sorcière bien-aimée : Il y a beaucoup de nos lecteurs qui s’interrogent sur le « travail » ou bien le « non-travail » des sols au jardin, que l’on peut distinguer en deux types de jardiniers : le jardinier « classique » avec son terrain sans aucune adventice et le permaculteur sur ses buttes végétalisées bien vertes.
Alors, pouvez-vous nous éclairer en nous disant ce que vous pensez du bêchage au jardin potager ?

Lydia et Claude Bourguignon : On peut aérer un sol avec la grelinette mais il ne faut jamais la retourner à la bêche. Pour éviter les adventices, il faut semer très dense en « contreculture », c’est-à-dire en associant des légumes à cycles différents. Par exemple, sur une place de 80 cm de large, on sème des radis avec des carottes, des salades et des choux sur 40 cm de large puis encore des salades, des carottes et des radis sur les 40 autres centimètres. Les radis sont ramassés à 18 jours et ils laissent la place aux autres. Puis les salades sont ramassées et laissent la place aux carottes et aux choux. Et ces derniers sont ramassés lorsqu’ils ont tout couvert. Pour cela soit on sait semer très serré, soit on s’équipe du semoir d’Eliot Coleman de 40cm de large. Il ne faut jamais bêcher le sol car le bêchage enfouit la matière organique et empêche sa transformation en humus. il faut toujours rajouter du compost tamisé sur le sol après récolte des légumes et ressemer en direct dans cette couche de compost.

Un bassin aquatique au jardin ?

Diane, votre sorcière bien-aimée : Que pensez-vous de la gestion micro-climatique pratiqué par Sepp Holzer et notamment de l’intérêt d’intégrer des bassins aquatiques afin de créer un écosystème favorable aux végétaux ?

Lydia et Claude Bourguignon : Avoir un bassin dans son jardin permet d’avoir des batraciens ( crapauds, grenouilles, tritons ) qui sont de gros mangeurs de limaces. Il ne faut jamais oublier que l’agriculture est la domestication d’un écosystème naturel : forêt domestiquée = haies ; étang domestiqué = bassin ; clairière domestiquée = prairie ou champ ou maraichage.

Couvre-sol et  B.R.F. ?

Diane, votre sorcière bien-aimée : Le Bois Raméal Fragmenté ( B.R.F. ) est très efficace pour relancer l’activité biologique d’un sol « malade », mais qu’en est-il lors d’une utilisation régulière du BRF chaque année au jardin ? Quelle est selon-vous le meilleur couvre-sol au jardin potager bio ?

Lydia et Claude Bourguignon : Le B.R.F. est utilisé pour restaurer la fertilité d’un sol mais il ne faut remettre du B.R.F. que tous les 5 ou 7 ans selon les sols. Le meilleur couvre sol est le mulch des plantes de couvertures.

Le rôle des arbres sur les sols

Diane, votre sorcière bien-aimée : De plus en plus de jardiniers coupent les arbres sur leur terrain…
Quel rôle joue l’arbre dans l’équilibre des sols au jardin potager ?
Comment bien gérer le sol d’un verger ?

Lydia et Claude Bourguignon : L’arbre est la seule plante qui remplit les nappes phréatiques. La perméabilité d’un sol de haies est de 100 mm d’eau par heure alors que le sol cultivé à une perméabilité maximale de 80 mm d’eau par heure. Il faut mulcher le pied des arbres fruitiers avec l’herbe de tonte et le B.R.F. de ses branchages après la taille de mars. On peut soit faire du maraichage entre les rangs de fruitiers, soit faire un enherbement permanent que l’on tond en été.

C.E.C. ?

Diane, votre sorcière bien-aimée : Pourriez-vous expliquer à nos jardiniers internautes, ce qu’est la Capacité d’ Echange en Cations (CEC) des sols et quelle est sa fonction dans la « vie » du sol ?

Lydia et Claude Bourguignon : La C.E.C. mesure la capacité qu’a le complexe absorbant de retenir les cations : Ca++, Mg++, K+, Na+. Or ces cations servent à charger positivement les membranes des cellules racinaires. Lorsque les racines sont positives, elles peuvent attirer les anions fabriqués par les microbes : Nitrate : NO3- ; Sulfate : SO4– ; Phosphates PO4— ; et tous les chélats d’oligoéléments. Donc plus le sol sera riche en humus et en argile plus sa C.E.C. sera élevée, plus les plantes pourront absorber d’éléments nutritifs.

Graines paysannes et semences bio

Diane, votre sorcière bien-aimée : Pour avoir un jardin potager sain, nous avons bien compris que nous devons prendre soins de notre terre nourricière.
Mais nous devons également préserver nos graines afin de les utiliser comme semences pour les générations futures.
Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs, l’intérêt d’utiliser des  » graines paysannes  » et de produire ces propres semences bio ainsi que les inconvénients d’utiliser des hybrides F1 ?

Lydia et Claude Bourguignon : Il faut conserver et échanger les « graines paysannes » car elles sont adaptées à chaque région, à chaque climat. De plus les semences bio se reproduisent chaque année et rendent le jardinier amateur indépendant. Si le jardinier achète les semences hybrides du marché il sera obligé de les racheter chaque année car dans le commerce, les marchands vendent des hybrides F1 que l’on ne peut pas ressemer car les semences de ces hybrides ont été sélectionnées pour ne pas être reproductibles. Pour cela les semenciers créent des hybrides en croisant 2 variétés non productives jusqu’à ce qu’ils trouvent 2 parents A et B dont les enfants AB dits F1 sont très productifs. Or selon la loi de Mendel, si vous prenez les graines de ces F1, AB et que vous les semez, vous aurez 25% de A non productif, 25 % de B non productif et 50 % d’AB productif. Vos rendements vont s’effondrer.

Fertilisation biologique ou chimique ?

Diane, votre sorcière bien-aimée : Quelle est la différence entre une  » fertilisation biologique  » et une  » fertilisation chimique  » utilisant des produits issues de l’industrie phytosanitaire ?

Lydia et Claude Bourguignon : La fertilisation biologique utilise des engrais organiques riches en tous les éléments. La fertilisation chimique n’apporte que certains éléments : N, P, K et parfois S et Mg. C’est un peu comme nourrir un enfant avec du sucre (sodas) et du gras (Fast-Food) ; il grossit mais il n’est pas en bonne santé. La plante qui a reçu des engrais chimiques est grosse mais elle est malade et nécessite des pesticides.

Passage d’une culture aux engrais et pesticides, au jardinage biologique

Diane, votre sorcière bien-aimée : Avez-vous des conseils à donner aux jardiniers amateurs qui ont auparavant utilisé des engrais et pesticides, et qui souhaitent revenir à une culture plus naturelle et ainsi passer au jardinage biologique ?  Par quoi faut-il commencer pour inverser la machine et quelles sont les actions concrètes que le jardinier doit réaliser en priorité ?
Combien de temps en moyenne faut-il à un sol « maltraité » pour retrouver un écosystème stable et productif ?

Lydia et Claude Bourguignon : Première chose, relancer la vie du sol par le B.R.F. puis par un semis très dense de légumineuses. Par exemple : luzerne avec sainfoin et vesce sur un sol calcaire ; Mélilot avec lupin, serradelle et vesce sur un sol acide. Après ces plantes qu’il sème soit en septembre, soit en mars, il pourra les broyer ou les tondre à la fin de l’été et semer, à la volée, avant la tonte, du seigle avec du blé et du colza. Au printemps il broiera ce couvert. Il apportera ensuite 50 tonnes par hectare de compost sur ce couvert broyé et il pourra partir sur un sol régénéré. Avec couverts et compost, on régénère un sol en un an et demi.

Agriculture et calendrier biodynamique ?

Diane, votre sorcière bien-aimée : Voilà un petit tour d’horizon afin de mieux concilier l’activité microbiologique du sol et la culture du jardinier amateur qui souhaite nourrir naturellement sa famille.
L’agriculture biodynamique va plus loin que l’agriculture biologique et la permaculture.
Lydia et Claude Bourguignon, que pensez-vous de l’influence de la lune sur les êtres vivants, et plus particulièrement sur le fait de jardiner avec la lune ?

Lydia et Claude Bourguignon : L’agriculture biodynamique utilise l’influence des astres sur les cultures mais elle utilise aussi la dynamisation des préparations pour régénérer les sols et renforcer les plantes.
Notre époque ne croit plus en l’influence des astres sur la vie du sol, les plantes, les animaux et nous ; car nous sommes les enfants de la révolution Copernicienne qui a placé le soleil au centre : système héliocentriste. Mais nous terriens, nous ne subissons pas ce système, nous sommes sur une planète qui certes tourne autour du soleil mais ce que nous voyons et subissons tous les jours, c’est un soleil qui monte ou descend sur l’horizon selon les saisons et une lune qui répète tous les mois, ce que le soleil fait en un an. Pour nous terriens, la lune est à la fois montante et descendante au-dessus de l’horizon selon les saisons, mais elle est aussi croissante et décroissante autour de la pleine lune. De plus comme les autres planètes tournent comme la terre autour du soleil, elles sont pour nous en conjonction ou en opposition et elles influencent donc les liquides vivants. Notre système est théoriquement et scientifiquement héliocentrique mais dans notre vie quotidienne cette théorie n’a aucune action. Ce qui nous importe ce sont les mouvements de toutes les planètes, dont le soleil, par rapport à notre terre. C’est pourquoi nous devons bien séparer la théorie de la pratique et cultiver selon le calendrier biodynamique.

Et votre jardin secret ?

Diane, votre sorcière bien-aimée : A quoi ressemble le jardin secret du couple Bourguignon ?

Lydia et Claude Bourguignon : Notre jardin secret est à la fois entouré de haies, avec des fleurs, des fruitiers, son tas de compost et les légumes qui sont compatibles avec notre vie itinérante. Mais il est avant tout, avec nos enfants, le fruit de notre amour.

Un petit peu de magie…

Diane, votre sorcière bien-aimée : Si d’un coup de baguette magique, je vous donne une terre naturelle sauvage, vierge de toute action humaine et que je vous donne comme mission d’en faire votre nouveau jardin et verger d’Eden bio… Comment vous y prendriez-vous pour produire de quoi nourrir votre famille tout en maintenant l’équilibre microbiologique de cette écosystème parfait ?

Lydia et Claude Bourguignon : Sur une terre naturelle sauvage (qui n’existe plus sur cette terre) nous commencerions par étudier cet écosystème naturel et selon qu’il est foret tempérée, steppe, savane, forêt tropical sèche ou forêt équatoriale humique nous déciderons qu’elle type de culture et de verger nous allons pratiquer. Nous garderons le maximum de plantes sauvages, sous forme de haie ou de bosquet ou de prairie dont nous laisserons une partie monter en graines (foin) et nous sèmerons les légumes et planterons les fruitiers locaux, adaptés à ce milieu. Notre jardin serait donc très différent selon qu’il serait en Europe, au Sahel ou au Brésil.

Votre actualité ?

Diane, votre sorcière bien-aimée : Vous travaillez sur la rédaction d’un nouveau livre, je crois, pourriez-vous nous en annoncer la teneur ?

Lydia et Claude Bourguignon : Nous avons 2 livres en rédaction : un sur le rôle de l’agriculture dans la civilisation de demain et sur les sols des grands terroirs viticoles du monde.

Diane, votre sorcière bien-aimée : Quand vous sortirez vos nouveaux livres vous pourrez venir en parler ici quand vous le souhaitez. Sachez que vous serez toujours les bienvenus sur calendrier-lunaire.info, vous êtes ici chez vous !

Lydia et Claude Bourguignon : Nous acceptons votre invitation sur calendrier-lunaire.info

Leur livre suivant est sorti… et ils nous ont accordé une nouvelle interview : « Claude et Lydia Bourguignon de retour sur nos terres »

 

Le livre de Lydia et Claude Bourguignon
pour retrouver une agriculture saine
Cliquez sur la photo ci-dessous

Lydia et Claude Bourguignon, je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre à mes questions afin d’éclairer les lecteurs de calendrier-lunaire.info sur les bonnes pratiques du jardinier qui doit prendre soins des sols afin de transmettre aux générations futures une terre capable de nourrir toutes les formes de vies.

Une petite vidéo de Lydia et Claude Bourguignon qui nous explique la mort des sols = la mort de l’homme !

Si vous souhaitez découvrir ou bien redécouvrir les précieux ouvrages de Lydia et Claude Bourguignon, cliquez ici.

Mes chers lecteurs du calendrier-lunaire.info, si vous ne les avez pas encore consultés, un petit tour sur ma page catégorie : gestion des sols ; ou sur un de mes articles : « amélioration-des-sols : toutes les solutions » ; « améliorer la terre de votre jardin potager bio » ;  « comment booster la production de mon arbre fruitier » ; « comprendre et améliorer la structure du sol au jardin » ; « comment reconnaitre un type de sol en quelques secondes« . Bonne lecture à vous.

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