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Le cerisier est un arbre qui vit longtemps afin de vous donner des fruits doux ou acides suivant la variété… pour le bonheur des petits et des grands. N’hésitez pas à en planter plusieurs, à différents endroits, afin d’étaler les récoltes.

Le cerisier fait parti de la famille des rosacées.
C’est un arbre rustique à feuilles caduques pouvant produire pendant 50 ans.

Le cerisier appartient à la même famille que le pêcher, le prunier et l’abri­cotier. Au printemps, il se pare de jolies fleurs blanches qui restent ouvertes plus longtemps que celles des autres arbres fruitiers. Tous les cerisiers, même les plus négligés, donnent des fruits, mais il va sans dire que la production sera plus importante si l’arbre est bien entretenu. La récolte dure du début de l’été jusqu’au début de l’automne, selon les variétés. En automne, les feuilles pren­nent de jolis tons dorés.

Le cerisier vit longtemps, quelle que soit sa variété. Une fois mis en place, il ne demande rien d’autre que les soins d’entretien courants. Chaque jardin, le plus petit soit-il, pourrait donc avoir son cerisier en buisson.

Les cerisiers se divisent en deux caté­gories : les cerisiers à fruits doux (à con­sommer en frais) ou Prunus avium, et les cerisiers à fruits acides (à cuire) ou Pru­nus cerasus. Une troisième variété, le Duke, se situe entre les deux. Ce dernier donne des fruits que l’on peut soit cuire soit consommer en frais, mais d’une qualité inférieure.

Le cerisier à fruits doux

Ce cerisier mesure de 10 à 15 m de hauteur et 15 m d’envergure.
Il lui faut 6 ans minimum entre la période de plantation et la récolte (pour les gourmands, il faudra s’armer de patience).
Par contre, en pleine production, vous pourrez récolter environ 100 kg par arbre (et là, je vois les gourmands sourire)… 😉

Le cerisier à fruits doux est beaucoup plus vigoureux que le cerisier à fruits aci­des. On le trouve en tiges, en demi-tiges, greffé sur franc ou merisier, et en basses tiges, greffé sur Sainte-Lucie. A l’âge adulte, l’arbre tige peut atteindre jusqu’à 15 m de haut : il n’est donc pas très adapté aux petits jardins. D’autre part, le cerisier à fruits doux est autostérile (c’est-à-dire qu’il ne produit pas s’il est isolé), la pollinisation n’est possible que s’il se trouve à proxi­mité d’une autre variété appropriée : c’est une autre raison qui justifie un grand jardin ou verger, car il faudra en fait y loger deux cerisiers adultes.

Un inconvénient est à noter : étant donné la hauteur que peuvent atteindre ces arbres fruitiers, il est pratiquement impossible de les couvrir avec des filets pour les protéger contre les oiseaux.

D’autre part, le cerisier à fruits doux craint les gelées car il fleurit tôt dans la saison, avant même le pommier et les cerisiers à fruits acides : mieux vaut donc lui choisir un endroit abrité et exposé au soleil.

Les cerises sont plus ou moins grosses et leur couleur varie du jaune teinté de rouge au noir brillant. Elles mûrissent dès le milieu de l’été, c’est-à-dire avant tous les autres fruits à chair pulpeuse. Dans les catalogues des pépiniéristes, elles sont souvent classées en deux grou­pes, suivant la couleur de leur jus : les cerises noires, qui ont un jus rouge foncé et les cerises blanches, qui ont un jus incolore. Chacun de ces deux groupes comprend à leur tour deux catégories : les cerises à chair molle, appelées gui­gnes, et les cerises à chair ferme, appe­lées bigarreaux.

calendrier lunaire cerisier

Le cerisier à fruits acides

Ce cerisier mesure de 4,5 à 6 m de hauteur et 6 m d’envergure.
Il lui faut 2 à 3 ans minimum, entre la période de plantation et la récolte (les gourmands seront ravis !).
Par contre, en pleine production, vous pourrez récolter entre 15 et 20 kg environ par arbre (c’est déjà pas mal).

Le cerisier à fruits acides est plus facile à cultiver que le cerisier à fruits doux pour diverses raisons : tout d’abord, il se satisfait d’un sol plus lourd et il fleurit plus tard, ce qui le rend plus résistant au gel ; d’autre part, il est autofertile et peut donc être isolé, bien qu’une pollinisation croisée donne une récolte généra­lement plus abondante.

Ce type de cerisier est mieux adapté aux petits jardins étant donné sa taille ; il est, pour cette même raison, plus facile à tailler et à conduire (en buisson par exemple, ou en éventail contre un sup­port), et également à protéger contre les oiseaux. Il demande aussi moins de soleil et s’accommode parfaitement d’un mur ou d’une clôture exposé au nord.

La plupart des cerises acides sont rou­ges et se divisent en deux catégories : les fruits à la fois juteux et acidulés que donne le vrai cerisier, et les petits fruits acides que donne le griottier à pédoncule plus ou moins long.

Emplacement et sol

L’emplacement idéal est un endroit abrité du vent et exposé au soleil. Les cerises douces ont particulièrement besoin de soleil car elles mûrissent plus tôt que les cerises acides ; mais comme le cerisier a besoin d’eau régulièrement pour la maturation des fruits, il doit donc être cultivé uniquement dans les régions où les étés ne sont pas constamment secs : s’il manque totalement d’eau ou même s’il n’en a qu’exceptionnellement, il ne donnera que des petits fruits dessé­chés ou éclatés.

Ne plantez pas un cerisier dans le fond d’une vallée ou dans une dépression, car ce sont de véritables «poches» de gelée, et celles-ci lui seraient fatales à l’époque de la floraison. Choisissez plutôt un ter­rain découvert légèrement en pente, avec suffisamment d’espace autour pour que l’air froid soit chassé. Le cerisier ne se plaît ni à plus de 1000 m d’altitude, ni dans les régions trop humides. Pour savoir si votre jardin lui conviendra, regardez s’il y a des cerisiers d’ornement en fleurs aux alentours et s’ils sont beaux, car le cerisier à fruits a les mêmes exigences.

Le cerisier pousse dans différents types de sol, à condition toutefois que celui-ci soit bien drainé. Une terre franche légère sur un sous-sol calcaire conviendra très bien, car elle conserve l’humidité même si elle est poreuse. En revanche, un sol lourd donnera des arbres chétifs et des fruits de petit cali­bre. Un sol trop poreux, comme par exemple un sol peu profond sur un sous-sol de sable ou de gravier, ne sera pas satisfaisant non plus, car il aura ten­dance à se dessécher en été et il donnera des fruits sans pulpe. Voir l’article sur l’amélioration des sols.

Il est toujours possible cependant de remédier à ces problèmes de drainage en préparant le sol avant les plantations de façon à avoir des arbres sains et productifs.

La pollinisation

La pollinisation est un facteur essen­tiel dans le choix des variétés. Ainsi qu’il a été dit plus haut, les cerisiers à fruits acides sont autofertiles, c’est-à-dire fécondables par leur propre pollen, et peuvent donc être isolés ; mais, par contre, les cerisiers à fruits doux nécessitent un pollinisateur adéquat sinon ils ne don­nent pas de fruits.

Il y a treize groupes de pollinisateurs. Le premier groupe comprend ce qu’on appelle les donneurs universels, qui pollinisent n’importe quelle autre variété. Les douze autres groupes ne pollinisent que les variétés appartenant à un groupe différent du leur.

Pour que la pollinisation soit possible, il faut bien sûr que les deux variétés choi­sies fleurissent en même temps (reportez-vous au paragraphe sur les variétés). Tenez compte du fait que les arbres situés contre un mur ou dans un endroit très chaud fleuriront plus tôt que ceux qui se trouvent sur un terrain découvert ; ce facteur peut avoir une influence sur la pollinisation.

calendrier lunaire fleurs de cerisier

L’achat d’un cerisier

Vous trouverez chez les pépiniéristes des cerisiers à fruits acides de toutes tail­les et de toutes formes (buissons, tiges, demi-tiges et scions). Les scions sont de jeunes arbres qui ont été greffés juste au-dessus du sol à la fin de la première année. Ils comportent un certain nombre de branches fines partant de la tige centrale. Ces derniers coûtent un peu moins cher que les arbres déjà formés. Ils peu­vent être conduits en buisson ou en éventail sans aucun problème. Quant aux cerisiers à fruits doux, ils sont générale­ment vendus en tiges ou demi-tiges.

Toutes les variétés de cerisiers que l’on trouve dans le commerce sont sur porte-greffe : celui-ci doit être sain, exempt de maladies et de virus.

Plantation

La meilleure époque pour planter les cerisiers à racines nues est la fin de l’automne, mais vous pouvez attendre jusqu’au début du printemps pour le faire, à condition évidemment que le sol ne soit ni gelé, ni complètement détrempé. Les cerisiers en conteneur, par contre, peuvent se planter à n’importe quelle période : la seule condi­tion à respecter est que la mise en terre ait lieu si possible pendant une période de repos de la végétation. N’hésitez pas à consulter le calendrier lunaire jardin mensuel.

Si vous avez acheté un arbre à racines nues que vous ne pouvez pas planter tout de suite (en raison du mauvais temps, par exemple), mettez-le provisoi­rement en jauge : pour cela, choisissez un emplacement abrité des grands vents, et creusez une tranchée en forme de V de la profondeur d’un fer de bêche, l’un des côtés de la tranchée étant verti­cal et l’autre incliné à 45°. Installez alors votre arbre en l’inclinant à 45°, rebou­chez la tranchée et tassez la terre. Ainsi les racines conserveront leur humidité et seront à l’abri des intempéries et du gel. Vous planterez votre cerisier définitive­ment dès que le temps le permettra.

Bêchez bien la terre en profondeur auparavant, car le cerisier a des racines profondes et il redoute la sécheresse. Creusez un trou de 90 cm de profondeur, suffisamment large pour que toutes les racines, une fois étalées, y trouvent leur place ; n’essayez jamais de les faire ren­trer dans un trou trop petit. Si vous voulez mettre votre arbre contre un mur, creusez une tranchée de 1,20 m de large, bêchez le fond pour ameublir le sol et mettez 10 litres de fumier bien décom­posé ou bien 10 litres de tourbe humide, mélangée à 60 g de poudre d’os stérilisée par mètre carré.

Le cerisier a besoin de beaucoup de chaux et de potasse. Si votre sol est acide, ajoutez-lui du carbonate de chaux broyé, au moment de plan­ter, afin d’obtenir un pH neutre. Vous pouvez ajouter en même temps des cen­dres de bois riches en potasse, à raison de 120 g par mètre carré.

Avant de mettre votre arbre en terre, examinez soigneusement ses racines ; coupez toutes les sections mortes ou abî­mées à l’aide d’un sécateur. Installez-le ensuite dans son trou à la profondeur où il était chez le pépiniériste. Le point de contact avec le porte-greffe se trouve à 7 cm au-dessus du sol. Vous déterminerez l’emplacement de celui-ci au renflement qu’il forme ou encore à la différence de couleurs des deux écorces. La marque sur le collet correspond à la marque de la terre et vous indique la pro­fondeur à laquelle se trouvait l’arbre chez le pépiniériste.

Remettez enfin la terre couche par couche en agitant dou­cement votre arbre pour que la terre glisse entre les racines et en tassant bien chaque couche. L’arbre doit être droit. Si vous le plantez contre un mur, inclinez légèrement la terre à partir du mur, afin que l’eau puisse s’écouler ; dans un sol incliné vers le mur, l’eau stagnera et la terre deviendra complètement détrem­pée.

Les arbres tiges et demi-tiges ont besoin de tuteurs : pour les fixer à ces tuteurs, utilisez des liens lisses (élasti­ques par exemple) afin de ne pas blesser le tronc et risquer ainsi de provoquer un étranglement et des maladies dues au chancre bactérien.

Une fois l’installation terminée, arro­sez le pied de l’arbre. Répandez deux seaux de fumier décomposé tout autour en guise de paillis, en laissant toutefois un petit espace autour du tronc. Si le sol est très sec ou s’il y a une grande vague de chaleur après la plantation, arrosez régulièrement le jeune arbre (si toutefois le paillis s’avère insuffisant, ce qui est rare).

Si vous plantez plusieurs cerisiers à la fois, espacez-les de 7 à 10 m s’il s’agit de tiges, et de 5 à 7 m s’il s’agit de demi-tiges et de buissons, en tenant compte de leur taille définitive.

Soins

Pour palisser un cerisier en éventail, utilisez des attaches en plastique qui n’abîmeront pas l’écorce.

Le cerisier a des racines profondes, et n’a donc pas besoin d’être arrosé après sa reprise, sauf en cas de grande séche­resse. Si c’est le cas, arrosez abondam­ment le sol, mais de manière progressive, pour qu’il soit bien imprégné d’eau en profondeur et pas seulement en surface.

N’arrosez jamais des cerises qui sont sur le point de mûrir ou qui sont déjà mûres, car vous les feriez éclater. Il arrive même fréquemment que les ceri­ses se fendent lorsqu’on a dû arroser abondamment au cours d’une longue période de sécheresse. Les cerisiers qui poussent contre un mur se dessèchent plus rapidement que ceux qui se trouvent dans un endroit décou­vert. Il faut donc les arroser plus souvent.

Au printemps, il est également recommandé de pail­ler les cerisiers, c’est-à-dire de recouvrir le sol autour du pied, avec du fumier bien décomposé ou du com­post de jardin, à raison de 10 litres par mètre carré. Vérifiez auparavant que le sol est bien humide, humidité que le pail­lis maintiendra.

Un apport d’engrais est souvent très utile tous les 3 ans, selon la richesse du sol. A l’automne, apportez du compost au pied du cerisier. Ajoutez un engrais organique riche en phosphore, comme de la farine de poudre d’os si le sol est carencé en phosphore. Si votre sol est carencé en potasse, apportez un engrais organique riche en potasse (par exemple, vinasse de betterave).

Dégagez le pied des cerisiers à fruits doux sur au moins trois mètres carrés lorsqu’ils sont jeunes. Quand ils auront 5 ans d’âge et seront bien en place, il sera possible alors de faire pousser du gazon, à condition de le tondre régulièrement ; à proximité du tronc, utilisez plutôt une binette pour ne pas risquer de l’abîmer ; ne ramassez pas l’herbe qui servira de paillis. Désherber soit la terre nue, soit le gazon régulièrement . Les cerisiers à fruits acides, quant à eux, doivent pous­ser sur un terrain nu, sans aucune mau­vaise herbe.

Il arrive que les porte-greffe donnent des rejets ou drageons à proximité du tronc : supprimez-les, en les coupant au point d’attache avec les racines, c’est-à- dire au-dessous de la surface du sol.

Taille et conduite

Qu’il s’agisse d ’un cerisier ou d ’une autre espèce d’arbre fruitier, on doit pro­céder à une première taille pour lui don­ner la forme voulue (en éventail, en cor­don ou en buisson), et après cette taille initiale, il y aura d’autres tailles destinées à long terme à fortifier l’arbre et à l’aérer. Un arbre est en effet vulnérable aux maladies s’il a trop de branches. La taille à long terme a aussi pour but d’équilibrer la poussée végétative de l’arbre et sa production.

Pour le cerisier, la taille varie en fonc­tion de la variété, car un cerisier à fruits doux et un cerisier à fruits acides fructi­fient différemment. Le premier produit des bourgeons à fruits aussi bien sur les jeunes pousses que sur les vieilles, donc il est inutile de tailler les vieilles branches pour favoriser la fructification. Le second, par contre, devra être taillé afin de renouveler les vieilles pousses, deve­nues improductives, et de les remplacer par de jeunes pousses, destinées à pro­duire l’année suivante.

Le cerisier à fruits doux et le cerisier à fruits acides diffèrent également par leur vigueur. Celui à fruits acides peut être conduit en buisson ou en éven­tail. Le cerisier à fruits doux est trop vigoureux pour cela.

Pour tailler un cerisier, il y a deux règles à respecter.
La première est de ne jamais tailler l’arbre à la fin de l’automne ou en hiver.En effet, il y a des risques de plomb parasitaire, de gommose, ou de chancre bactérien. Il faut plutôt tailler à la fin du prin­temps, c’est-à-dire au début de la végéta­tion.
La deuxième est de rabattre les branches juste au-dessus d’un bourgeon orienté dans la direction voulue. Faire une coupe nette et enduire ensuite les plaies de plus de 4 cm de section avec un produit cicatrisant à base de goudron.

Conduite en éventail

L’éventail, très apprécié en Angleterre, est une forme que l’amateur français peut essayer s’il n’a qu’un petit jardin. Pour ce style de conduite, il vous faut un mur de 2,40 m de haut et de 6 m de long, avec des fils de fer de 3 mm de sec­tion tendus horizontalement, à 15 cm les uns des autres. La meilleure forme de conduite est celle qui était utilisée pour le pêcher à Montreuil : elle consiste à tail­ler au maximum l’axe central et à ne lais­ser que deux branches obliques de part et d’autre de cet axe ; l’éventail sera con­duit à partir de ces deux branches.

Vous ne trouverez pas de cerisier en éventail chez les pépiniéristes, mais vous pouvez acheter un scion et le conduire vous-même. Trois ans plus tard, votre éventail doit avoir entre 15 et 18 pous­ses. Taillez-le au début du printemps, lorsque les bourgeons sont éclos, en rabattant toutes les nouvelles pousses d’un quart de leur longueur au-dessus d’un bourgeon orienté vers le haut : cela favorise la ramification. Sélectionnez ensuite sur la charpentière tous les rameaux qui sont parallèles au mur et palissez-les. Éliminez tous les autres. Votre arbre devrait commencer à fructi­fier l’année suivante.

Le cerisier à fruits acides ne fructifie que sur le bois de l’année précédente. Ce qui fait qu’une fois adulte, ce cerisier a trois sortes de bois à la fin de chaque été : la charpente de l’éventail, qui est la plus ancienne et qui ne fructifie plus, les rameaux de deux ans, qui viennent de fructifier et les rameaux de un an, qui fructifieront l’année suivante. Il faudra donc procéder à une taille de renouvelle­ment, de façon à remplacer les bois de deux ans.

Examinez votre arbre au début de cha­que printemps, et coupez toutes les branches mortes ou malades au-dessus d’un bourgeon sain en enduisant la plaie avec un produit cicatrisant à base de goudron, si l’extrémité de la branche mesure plus de 4 cm de section. Palissez les jeunes pousses au printemps et en été, pendant qu’elles sont encore flexi­bles : les branches ne doivent jamais s’entrecroiser, mais doivent former des rayons distants d’au moins 7 cm ; si elles deviennent trop nombreuses, éclaircissez-les. Vous devez obtenir un éventail plat et régulier.

Lorsque les branches charpentières ont atteint les extrémités du mur ou occupent toute la surface qui leur est réservée, coupez-les au-dessus d’un bour­geon orienté vers le haut. Et si l’arbre donne moins de fruits et peu de feuilles, rabattez les charpentières d’environ un tiers.

Conduite du buisson, de la tige et de la demi-tige

Le buisson, la tige et la demi-tige diffè­rent surtout par la hauteur du tronc. Par contre, leur taille et leur conduite sont identiques.

Vous pouvez acheter soit un arbre déjà formé, soit un scion que vous conduirez vous-même.

Pour le buisson, rabattez l’axe central à 1m du sol au début du printemps, à 1,20 m pour la demi-tige et 1,80 m pour la tige. Et pour avoir un arbre vigoureux et bien touffu, élaguez-le ensuite réguliè­rement.

Une forme intéressante est le faux gobelet. On ne le trouve pas dans le com­merce, mais on peut le fabriquer soi-même en partant d’un fuseau de trois ans. Coupez la flèche centrale en gardant quatre rameaux bien disposés en quatre directions différentes, en les relevant si besoin est : le gobelet est formé. Le fuseau doit être greffé sur Sainte-Lucie.

Élagage des racines

Si, une fois en place, votre cerisier prend des proportions démesurées et si son feuillage est vigoureux mais sa production peu abondante, vous avez toujours la possibilité d’élaguer ses racines. Cette opération, que vous pouvez étaler sur deux hivers, se fait en plusieurs éta­pes. Creusez d’abord deux tranchées successives en forme de demi-cercle à 90 ou 120 cm du tronc. Coupez les grosses racines pivotantes, en relevant auparavant les racines nourricières fasciculées sans les abîmer. Remettez ensuite ces dernières en place et comblez le trou en tassant bien la terre. Recommencez l’opération l’année suivante de l’autre côté.

La récolte

Les scions de cerisiers à fruits acides donnent quelques fruits la quatrième année. Les cerisiers-tiges ne commencent pas à fructifier avant la sixième année (c’est-à-dire la troisième ou quatrième année après leur plantation). Un cerisier n’atteint jamais son plein rendement avant dix ans minimum.

Les cerises acides mûrissent générale­ment toutes en même temps : une ou deux cueillettes suffisent donc. Une cerise acide est mûre quand sa chair com­mence à se ramollir et quand elle donne du jus lorsqu’on la presse entre les doigts. Il est préférable de couper les pédoncules avec des ciseaux émoussés plutôt que de tirer dessus et risquer ainsi de provoquer la pourriture brune sur l’écorce au niveau des points d’attache. Pour atteindre les branches du haut, uti­lisez une échelle double. N’appuyez jamais une échelle simple contre le tronc d’un cerisier car vous risquez d’abîmer l’écorce. Si vous cassez une branche, rabattez-la immédiatement et induisez la plaie avec un produit cicatrisant à base de goudron.

Les cerises douces, par contre, ne mûrissent pas toutes en même temps. La cueillette se fait donc en plusieurs fois, à deux ou trois jours d’intervalle. Ces cerises-là se cueillent avec le pédoncule.

S’il pleut, vos cerises ont toutes les chances de se fendre ; les fruits sont alors peu présentables et pourrissent facilement. Lorsque la pluie ou l’orage menacent, mieux vaut cueillir vos cerises tout de suite, même si elles ne sont pas tout à fait mûres.

Une fois la cueillette terminée, con­sommez aussitôt les fruits, ou mettez-les en conserve le plus tôt possible.

calendrier lunaire fruits cerisier

LES DIFFÉRENTES VARIÉTÉS DE CERISIERS

Le choix des variétés de cerises doit être sérieusement pensé. Pour plusieurs raisons :
– d’abord, parce qu’il en existe quatre espèces de goût différent (bigarreautier, guignier, cerisier, griottier) ;
– ensuite, parce que les maturités sont échelonnées et qu’il faut faire son choix non seulement en fonction de la date de récolte désirée, mais aussi en fonction des attaques de la mouche des cerises qui les rend véreuses, les variétés préco­ces étant seules épargnées durant les été chauds ;
– enfin, parce qu’en général, le cerisier n’étant pas autofertile, il faut planter au moins deux arbres de variétés différentes pour assurer la pollinisation.

Variétés de première quinzaine de juin

— Burlat : chair croquante très savou­reuse. Bigarreau pollinisé par Early Rivers, Marmotte et Napoléon.
— Moreau : fruit très gros noirâtre à chair ferme. Bigarreau pollinisé par Marmotte.
Citons également le bigarreau Jaboulay et tous les guigniers.

Variétés de deuxième quinzaine de juin

— Early Rivers: guigne à gros fruit rouge foncé à maturité, la seule guigne méritant d’être cultivée. Pollinisateurs : Moreau, Marmotte.
— Van : bigarreau à chair ferme, cro­quante, juteuse, résistant à l’éclate­ment. Pollinisateurs : Burlat, Napoléon.
Citons également les bigarreaux Guillaume, Vista, Ulster.

Variétés de première quinzaine de juillet

— Marmotte : bigarreau à chair ferme et épaisse au goût légèrement acidulé. Pollinisateurs : Moreau, Rivers.
— Starking Hardy Giant : bigarreau résistant à l’éclatement, chair ferme, juteuse, sucrée. Pollinisateur : Burlat.
— Napoléon : bigarreau à chair ferme, croquante et sucrée. Pollinisateurs : Moreau, Rivers, Van.
Citons également les bigarreaux Reverchon et Rainier.

Variétés de deuxième quinzaine de juillet

— Producta Delbard : amélioration du Napléon, en plus tardif et plus résistant à l’éclatement. Pollinisateur : Burlat.
— Belle Magnifique : cerise rouge bril­lant assez foncé, chair juteuse, fine, aci­dulée. Pollinisateur : Marmotte.
— Montmorency de Sauvigny : la meil­leure des Montmorency, une griotte-amarelle, c’est-à-dire une variété entre la cerise et la griotte.
— Griotte du Nord : fruit rouge sombre, brillant, chair tendre à jus coloré.
Citons également la Montmorency, les bigarreaux d’Hédelfingen et de Vignola.

Maladies et parasites

• Les oiseaux :

Ils apprécient énormé­ment les cerises, et surtout les cerises douces. Aux bouvreuils, qui commencent à s’attaquer déjà aux bourgeons dès le début du printemps, succèdent les mer­les, qui emportent des cerises entières, et les étourneaux et les moineaux, qui viennent picorer allègrement les fruits mûrs, déposant de surcroît, toute leur fiente sur l’arbre. Le meilleur moyen de dissuader ces oiseaux indésirables est de couvrir les arbres avec des filets. Vous pouvez tendre également des fils de coton noir ou installer des épouvantails. Ces deux méthodes donnent des résultats moins probants.

• La mouche de la cerise :

Elle fait son appari­tion dès la fin du printemps sous la forme d’une chenille verte à tête brune. La mouche proprement dit n’entre en activité qu’au milieu de l’été, mais la che­nille s’attaque aux fleurs et s’introduit à l’intérieur des drupes en formation.
Pour prévenir ce parasite, et détruire une partie des pupes, vous pouvez épandre du sulfate de fer en fin d’hiver.
Evitez également de planter, à proximité du cerisier, des chèvrefeuilles (lonicera), des épine-vinettes (berberis).

• Les tenthrèdes :

Les tenthrèdes peuvent faire des dégâts importants, variables selon les années et les endroits (particulièrement importants à proximité des bois). En prévention, binez soigneusement le sol au pied de vos plantes à l’automne et au printemps de façon à exposer les larves et les nymphes aux rigueurs du climat et à leurs prédateurs.

• Le puceron noir du cerisier :

Il s’attaque aux fleurs et à l’extrémité des jeunes pousses, provoquant parfois le rabou­grissement des pousses et l’enroulement des feuilles.
Il est souhaitable d’éviter de planter du Galium, de la Veronica ou de l’Asperula à proximité d’un cerisier.
Favoriser l’installation des auxiliaires consommateurs de pucerons (coccinelles, chrysopes, syrphes, punaises…) par la présence de plantes hôtes des insectes (plantes fleuries productrices de pollen : phacélie, orties…).
Utiliser des plantes piège (capucines).

• Le chancre bactérien :

C’est est la maladie du cerisier la plus grave, surtout lorsque le sujet est jeune. Il se développe en automne à partir d’une blessure, comme une cicatrice sur une feuille par exemple. Le champignon va alors hiberner dans le bois, et au printemps il atteindra les feuilles. Toutes les pousses qui se trou­vent au-dessus des plaies vont se trouver affaiblies ou même détruites car la sève n’arrive plus jusqu’à elles. Les feuilles malades commencent alors par jaunir et par s’enrouler, avant de mourir définiti­vement. Le chancre peut même provo­quer la mort des bourgeons à fruits et de branches entières.

Le chancre se reconnaît aux crevasses qu’il provoque dans l’écorce. Une gomme peut même suinter de ces crevasses si elles s’élargissent. La maladie se propage alors très rapidement au feuillage, en provoquant de nombreux trous dans les feuilles.

Il n’existe pas de traitement véritable contre le chancre. On peut simplement le prévenir en vaporisant une solution légère de bouillie bordelaise à la fin de l’été, au début et à la fin de l’automne. Il est recommandé également de ne pas tailler l’arbre en automne ou en hiver. En effet, c’est à cette époque-là surtout que le champignon attaque le bois. Et lorsque vous élaguez les branches au printemps ou en été, enduisez les grandes plaies de mastic anti-chancre. Cela empêchera les bactéries de pénétrer dans le bois.

• La pourriture brune :

C’est un champi­gnon qui détruit les fruits en train de mûrir ou déjà mûrs. Il peut ainsi compromettre une grande partie de la récolte. Elle apparaît surtout lorsque le printemps a été humide. Les symptômes en sont des taches brunes à la surface des fruits, au centre desquels se trouvent de petites pustules jaunes ou blan­ches en anneaux concentriques. Ce sont ces pustules qui contiennent les spores du champignon. Celles-ci se progagent à d’autres fruits par les trous d’insectes ou d’oiseaux). Les fruits atteints vont alors se dessécher ou bien tomber. Et si ces fruits desséchés restent tout l’hiver sur l’arbre, ils contaminent les fruits qui se forment le printemps suivant.

Une solution d’huile de goudron peut enrayer cette maladie. Mais le mieux encore est d’éliminer tous les fruits atteints et de les détruire. Prenez soin de ramasser aussi tous les fruits au pied de l’arbre pour qu’ils ne contaminent pas la production de l’année suivante. Et comme le champignon se déplace du pédoncule jusqu’au bourgeon à fruit, éli­minez tous les bourgeons voisins et brûlez-les.

• Le plomb sanitaire :

C’est aussi une mala­die cryptogamique dont les spores aériennes pénètrent dans les plaies ouvertes de l’arbre, surtout par temps humide. Ce champignon s’attaque aux branches et forme des taches brun foncé ou pourpres dans le bois. Les feuilles prennent des reflets argentés ou même bruns. Au début, le champignon se loca­lise sur une ou deux branches, mais il peut s’étendre et finir par tuer l’arbre entier.

En cas de maladie, rabattez tout le bois malade à 15 cm au-dessous de la sec­tion atteinte. Brûlez les branches ainsi éliminées. Badigeonnez les plaies d’élagage avec un produit cicatrisant approprié.

• Le coryneum ou maladie criblée :

Afin de prévenir une attaque du Coryneum je préconise l’élimination du bois infesté durant la taille des cerisiers.
Comme interventions curatives, les différents traitements biologiques doivent être effectués juste avant le stade végétatif de floraison et aussitôt après les premières chutes des pétales.
En tout état de cause, la vigilance est de mise surtout en cas d’hiver et de printemps humides.

• Le valsa :

C’est la maladie des arbres fai­bles et mal soignés. Les feuilles sont de petite taille et de couleur jaune.

 

GUIDE DES PARASITES ET DES MALADIES DU CERISIER

Symptômes ::::::::::::::::::::::::> Origine

Les fleurs et les fruits en formation sont dévorés. :::::::::::::::::::> Mouche de la cerise

Les jeunes pousses sont couvertes de minuscules insectes noirs à leur extrémité ; les autres pousses sont rabougries, les feuilles tordues et enroulées, et les fruits petits et déformés. ::::::::::::::::::::::> Puceron noir du ceri­sier

Les feuilles sont brunes et tombent prématurément. ::::::::::::::::::::::::> Araignée rouge

Les feuilles ont des reflets argentés. Le bois présente des taches pourpre foncé à l’intérieur. :::::::::::::::::::::> Plomb sanitaire

Renflements sur les racines et parfois aussi sur les tiges. ::::::::::::::::::::::::> Gale du collet

Les feuilles sont couvertes de taches brunes qui se transforment en trous cerclés de lignes brunes. Des branches entières meurent. L’arbre présente des plaies suintantes à la base des branches. :::::::::::::>  Chancre bactérien

Les fruits se couvrent d’abord de taches brunes au centre desquelles se trouvent des pustules concentriques jaune-gris ou blanches, puis finissent par se dessécher. ::::::::::::::::::::> Pourriture brune

Les feuilles sont percées de petits trous. :::::::::::::::::::> Coryneum

Les feuilles sont petites et jaunes. :::::::::::::::> Valsa

N’hésitez pas à me laisser un commentaire en bas de page… Comment avez-vous trouvé mon article ? Qu’elles sont vos expériences et anecdotes ?….
Je vous souhaite de bonnes plantations, récoltes et dégustations.
Diane, votre sorcière bien-aimée.

Et que pensez-vous de çà ! :

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